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Quand les grands groupes se mettent à « éco-concevoir » leurs emballages
Le salon de l’emballage et du conditionnement, qui s’est déroulé les 18 et 19 février à Lille, a réuni, entre autres, des professionnels de la grande distribution venus partager leurs nouveautés en matière d’emballage.
Emballages © Pilgrim Artworks - Fotolia.com
Depuis le Grenelle de l'environnement, les exigences concernant la réduction des emballages est à la hausse. Une convention avec les différents partenaires concernés a d'ailleurs été signée pour économiser 17 millions de tonnes de matières premières et éviter 11 millions de tonnes de CO2 d'ici 2012.
Pour être conforme à ces normes, Auchan a adopté une politique de réduction des emballages à la source. « Depuis le décret 98-638, nous réduisons notre impact écologique en travaillant sur la conception de nos emballages », renseigne Patrice Ziriotti, responsable optimisation et éco-conception pour Auchan Production Alimentaire. « Nous incitons nos industriels à nous fournir produits et emballages respectant ces directives. Nous travaillons avec le COTREP1 et le CNE2 pour intégrer ces exigences environnementales. Et, pour cela, il faut faire preuve d'imagination. Par exemple, pour obtenir la réduction du diamètre des mandrins des rouleaux de papier hygiénique et essuie-tout, nous nous sommes associés à Cora, Système U, et Casino. Cela a permis, rien que pour Auchan, un gain de 150 t de papier par an ».
Recherche et innovation
Emilie Girardin, ingénieur en conditionnement et packaging chez Oxylane, voit en ces directives une stimulation. « Je pense que mettre en place l'éco-conception encourage finalement la recherche et l'innovation. Certes, nos emballages ne sont pas soumis à des standards de production ou à des codes du marché. Nous sommes donc libres dans notre imagination. Mais n'oublions pas que l'emballage n'est pas une œuvre d'art. Il faut revenir au côté utile de la chose, et le considérer comme un déchet ».
Et si l'on considère l'augmentation prochaine de l'éco-contribution (taxe sur les emballages qui va augmenter de 20 % ces deux prochaines années), on comprend mieux l'intérêt des grands groupes d'adhérer à l'éco-conception. « Mais il y a un certain risque commercial qu'il ne faut pas négliger », reconnaît Patrice Ziriotti. « Si l'on veut tenir compte de ces enjeux, il faut savoir être en rupture avec les codes traditionnels du marché. Il faut aussi tenir compte du point critique pour fournir le même produit avec la même qualité. Notre métier est de lutter contre les vides, et ce, de la conception du couple produit emballage, en passant par sa palettisation, jusqu'à sa fin de vie ».
Jena Bacha
1 COTREP : Comité Technique pour le Recyclage des Emballages Plastiques
2 CNE : Conseil National de l'Emballage
Jena Bacha
| wk-hsqe - 25/02/2009 | © Tous droits réservés |

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