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Actualités Santé - Sécurité
RISQUES PROFESSIONNELS

Premiers résultats de l’enquête SUMER

Depuis une vingtaine d’années, les expositions aux risques professionnels des salariés du secteur privé évoluent de manière contrastée.

L’enquête SUMER (surveillance médicale des expositions aux risques professionnels), réalisée en 2009-2010 par 2 400médecins du travail auprès de 48 000 salariés du secteur privé, des hôpitaux publics et d’une partie de la fonction publique d’État et des collectivités territoriales, représentant près de 22millions de salariés, révèle ainsi que globalement l’intensité du travail a augmenté alors que les contraintes physiques ont régressé.
Une première publication de ces résultats porte exclusivement sur les salariés du secteur privé, soit 17 millions de salariés qui sont les seuls couverts par les trois éditions de l’enquête SUMER de 1994, 2003 et 2010. Nous vous présentons ici un premier relevé de résultats qui ne traite pas des expositions professionnelles liées au bruit, aux agents chimiques et biologiques et aux contraintes physiques lesquelles seront commentées dans une prochaine lettre.

Une flexibilité du temps de travail en augmentation

Si les longues durées de travail reculent dans le secteur privé (18%des salariés travaillent plus de 40 heures par semaine en 2012, contre 29 % en 1994 et 21 % en 2003), les horaires atypiques (travail du dimanche et jours fériés notamment), letravail posté ainsi que les horaires variables sont en augmentation.Ainsi, en 2010, 31 % des salariés du secteur privé travaillent le dimanche et les jours fériés, même occasionnellement, contre 30% en 2003. 14 % des salariés travaillent en équipe (travail posté) en 2010, contre 12% en 2003.Quant aux horaires variables d’un jour sur l’autre, ils concernaient 20 % des salariés en 2003 mais 22 % en 2010. Un travail de plus en plus intense La proportion de salariés dont le rythme de travail est imposé par une demande extérieure obligeant à une réponse immédiate a continué à s’accroître dans l’industrie et la construction entre 2003 et 2010 alors qu’elle diminuait très légèrement dans le tertiaire, confirmant la pénétration de la pression des clients dans les deux premiers secteurs, déjà observée dans d’autres enquêtes. Les contraintes liées au travail sur des machines ou à la chaîne ont peu varié au cours des quinze dernières années,mais la proportion de salariés devant respecter des normes de production ou des délais en une journée au plus a progressé entre 1994 et 2003 (+5 points), avant de diminuer légèrement (-1 point entre 2003 et 2010).  

Ce sont principalement les cadres et les employés qui sont visés par cette augmentation de l’intensité du travail. De même, dans le secteur tertiaire, la proportion de salariés contrôlés en permanence par leur hiérarchie s’est accrue entre 2003 et 2010, notamment pour les employés de commerce et de service (+6 points) alors qu’elle avait diminué entre 1994 et 2003. Le contrôle ou le suivi exercé via des systèmes informatiques s’est également fortement diffusé dans toutes les catégories de salariés, passant de 15 % en 1994 à 27 % en 2003, puis 30 % en 2010.Alors que lemorcellement du travail s’était fortement accru entre 1994 et 2003, il semble être en diminution ces dernières années : 56%des salariés déclarent devoir fréquemment interrompre une tâche pour en effectuer une autre non prévue (contre 58 % en 2003).

Un travail moins autonome

Après s’être développées entre 1994 et 2003, les marges de manoeuvre tendent plutôt à se stabiliser sur la dernière période. Ainsi, 36%des salariés ne peuvent pas faire varier les délais fixés en 2010 contre 35 % en 2003. Au-delà de cette stabilité d’ensemble, les cadres et les professions
intermédiaires, au contraire des ouvriers, connaissent un recul de leurs marges de manoeuvre (–4 points) et une baisse de leur « latitude décisionnelle » (–3 points). Ce constat rejoint les études de terrain sur le travail des cadres.
En revanche, il est intéressant de noter que bien que leursmarges demanoeuvre ne se développent pas, les salariés sont moins nombreux en 2010 qu’en 2003 à déclarer qu’ils manquent de moyens pour effectuer correctement leur travail, qu’il s’agisse de moyens matériels, mais aussi d’informations claires et suffisantes, de collègues ou de formation.Cela conforte ainsi l’hypothèse selon laquelle les organisations sont devenues plus stables. Il est aussi possible que les éventuelles restrictions portant sur les moyens soient mieux acceptées.

Moins d’agressions de la part du public

Si les salariés du secteur privé travaillent de plus en plus souvent en contact direct avec le public, de vive voix ou par téléphone (74%en 2010, 71%en 2003 et 63%en 1994), ils sontmoins nombreux à signaler vivre en permanence ou régulièrement des situations de tension avec le public (8 % en 2010, contre 10 % en 2003), ou subir des agressions de la part de ce public.
Une « tension au travail » de plus en plus présente Dernier point relativement inquiétant, l’enquête révèle une tension au travail en augmentation. En effet, l’accroissement, même modérée, de la demande psychologique et la diminution, même contrastée, de la latitude décisionnelle, se traduisent par un net accroissement de la proportion de salariés en situation de job strain (la « tension au travail » au sens de Karasek).Même si les indicateurs reflétant le soutien social au travail apporté par les collègues et les supérieurs varient peu (la grande majorité des salariés – 88 % en 2010-estiment que « les collègues avec qui ils travaillent sont amicaux » ou que « leur supérieur les aide à mener leur tâche à bien » –77 % en 2010), une proportion croissante de salariés déclare subir des comportements hostiles ou ressentis comme tels sur leur lieu de travail au moment de l’enquête (16 % en 2003, 22 % en 2010). Cette augmentation concerne particulièrement les « comportementsméprisants» (+5 points), et dans une moindremesure les situations de « déni de reconnaissancedutravail » (+3 points) et les « atteintes dégradantes » (+1 point). Selon le ministère du Travail, de prochaines enquêtes explorant une palette plus large de facteurs psychosociaux de risque devraient pouvoir expliquer cet apparent paradoxe.

Evolution des risques professionnels dans le secteur privé entre 1994 et 2010 : premiers résultats de l’enquête SUMER, Dares Analyses no 23, mars 2012
D Lamy Hygiène et Sécurité, no 544-1


wk-hse, 24/05/2012© Tous droits réservés


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