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Tarifs de l'électricité : une augmentation de 3,4 % en moyenne

Après la hausse de 9,7 % du prix du gaz en avril, c'est au tour de l'électricité de voir ses tarifs réévalués à la hausse à partir du 15 août. La Commission de régulation de l’énergie a donné son aval le 11 août pour une hausse moyenne de 3,4 %.

Tarifs de l'électricité : une augmentation de 3,4 % en moyenne

Les nouveaux tarifs de l'électricité sont entrés en vigueur le 15 août, après que le Commission de régulation de l'énergie (CRE) a donné un avis favorable aux propositions du gouvernement le 11 août. La revalorisation moyenne est de 3 % pour les ménages et de 4 à 5,5 % pour les entreprises, avec des disparités importantes selon les offres souscrites. Ainsi, certaines factures pourront augmenter de 8 % alors que d'autres vont baisser de 2%.
Selon EDF, ''le mouvement tarifaire 2010 s'inscrit dans le prolongement de la réforme de la grille tarifaire amorcée par les pouvoirs publics en 2009''. Le 15 août 2009, le gouvernement a procédé à une hausse des tarifs réglementés de vente d'électricité de 1,9 % sur les tarifs bleus, de 4 % sur les tarifs jaunes et de 5 % sur les tarifs verts. C'est cependant la hausse des tarifs la plus importante depuis 2003.

 

Des augmentations variables selon les options et les clients

Selon EDF, 90 % des 27,5 millions de clients résidentiels devraient voir leur facture évoluer entre -2 et +5,7 %, ''soit une évolution égale ou inférieure à 4 € TTC/mois''. Pour les 500.000 ménages ayant un contrat ''effacement jours de pointe'' (EJP), l'évolution sera de 2,5 %.
Pour 90 % des 3,5 millions de professionnels petits consommateurs (tarif Bleu pro), l'impact sur la facture sera de 0 à + 9,3 %, soit une évolution moyenne de 4 %.
Pour 90 % des 300.000 professionnels souscrivant au tarif Jaune (puissance entre 36 et 250 kVA, en basse tension), l'impact sur la facture sera compris entre - 2 et + 10 %, soit une évolution moyenne de + 4,5 %.
Pour 90 % des 100.000 gros consommateurs (tarif Vert), l'impact sur la facture sera compris entre + 2 et + 10 %, soit une évolution moyenne de + 5,5 %.

 

''Une grille tarifaire plus équitable et vertueuse'' selon le MEEDDM ''

La hausse en niveau envisagée est à nouveau plus importante sur les tarifs jaunes et verts que sur les tarifs bleus'', explique la CRE, qui estime ''que la structure du tarif bleu proposé évolue de manière satisfaisante''. La commission détaille ces évolutions : ''des augmentations de facture modérées ont été appliquées aux tarifs bleus résidentiels, d'autant plus faibles que la consommation du site est élevée. Le phénomène s'inverse sur l'ensemble des autres tarifs bleus résidentiels de la gamme, avec des baisses de facture parfois importantes sur les petites consommations en 12 et 15 kVA''.
''Dans son avis, la CRE souligne que le mouvement tarifaire répond de façon satisfaisante à l'objectif de mise en place d'une grille tarifaire plus équitable et vertueuse sur le plan énergétique et écologique'', résume le communiqué de presse du ministère en charge de l'Ecologie (MEEDDM).
Pour l'Union fédérale des consommateurs (UFC - Que choisir), ''comme l'année dernière, cette hausse, contre toute logique environnementale, pénalise davantage les consommateurs les plus vertueux : les petits consommateurs et ceux ayant des tarifs spéciaux consommant peu les jours de pointe (tarifs tempo et EJP)''.
Pour 2010, ''sur l'ensemble des tarifs HP/HC, la facture augmente d'autant plus que la consommation totale du site augmente, incitant ainsi les consommateurs à réduire leur consommation. Toutefois, contrairement à 2009, la facture augmente désormais d'autant plus que la consommation en heures creuses est faible, phénomène qui s'explique par le maintien de l'écart entre les prix variables en heures pleines et en heures creuses. Cette tendance vertueuse incite naturellement les consommateurs à déporter leur consommation sur les heures creuses'', explique la CRE. .
Celle-ci recommande cependant ''qu'une étude approfondie des incitations à souscrire des tarifs horosaisonnalisés ainsi que des transferts de clientèle entre les options tarifaires base et heures pleines/heures creuses soit menée préalablement au prochain mouvement tarifaire''. En effet, la commission note qu'actuellement ''le nombre de clients professionnels incités à souscrire l'option HP/HC augmente, mais l'intérêt financier d'une telle souscription se réduit. À l'inverse, le nombre de clients résidentiels intéressés au transfert se réduit, mais l'incitation financière reste élevée''.

 Le gouvernement souhaite également renforcer, dans les prochains mois, le dispositif du tarif de première nécessité, en proposant une aide supplémentaire sur l'abonnement et la consommation d'électricité des ménages éligibles de 10 %. Une annonce accueillie sans enthousiasme par l'UFC - Que choisir : ''c'est une fausse bonne nouvelle. Ce qu'il faut surtout, c'est que ce tarif soit réellement appliqué. Aujourd'hui seuls 31% des ayant-droits en bénéficient car il est peu connu et le système pour l'obtenir et le conserver est un vrai parcours du combattant''.

 

''Rapprocher les prix de l'électricité des coûts réels générés''

''La revalorisation des tarifs réglementés de vente se décline de manière différenciée entre leur part fixe, c'est-à-dire l'abonnement, et leur part variable, c'est-à-dire la consommation de chacun, explique le ministère. Cette évolution permet, pour chaque option tarifaire, de rapprocher les prix de l'électricité des coûts réels générés, afin d'assurer que chaque client paie le juste prix de l'électricité qu'il consomme''.
Le communiqué d'EDF va dans le même sens : ''dans un objectif d'équité entre tous les clients, la réforme de la grille tarifaire vise à permettre que les tarifs de l'électricité reflètent plus fidèlement les coûts réels de l'électricité consommée par chaque catégorie de client (production, acheminement et commercialisation)'', précisant que cette évolution ''répond à un objectif prioritaire : garantir sur le long terme la compétitivité du prix de vente de l'électricité française et la qualité de fourniture en permettant à EDF de réaliser les investissements nécessaires dans ses moyens de production et dans les réseaux'', rappelant que les tarifs français restent ''inférieurs de 25 à 35 % à la moyenne européenne''.
Une étude publiée par le Commissariat général au développement durable (CGDD) le 3 août et reprenant les chiffres d'Eurostat, compare les prix de l'énergie dans l'Union européenne en 2009. ''En France, le prix de l'électricité reste inférieur de 29 % à la moyenne de l'UE, qu'il soit mesuré hors taxes ou hors TVA, malgré une hausse supérieure à la moyenne en 2009'', rappelle le CGDD. Pour les clients résidentiels, le prix du kilowatt heure TTC était en 2009 très inférieur à la moyenne européenne (11,43 c€/kWh TTC contre16,36 c€/kWh). Idem pour le tarif entreprises, estimé à 7,68 c€/kWh hors TVA contre 10,84 c€/kWh en moyenne pour l'UE.

 

1/Prix de l’énergie dans l’Union européenne en 2009

 

Sophie Fabrégat

 

 


wk-hsqe - 18/08/2010© Tous droits réservés


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