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General Motors atteint de saturnisme aigu

Retour sur le projet Saturn qui devait sauver General Motors... Un exemple d'échec de la mise en place d'un système de management global dans une grande entreprise américaine.

General Motors atteint de saturnisme aigu Saturn cars

Dans un nouvel article, l'expert en management de la qualité Jean-Marie Gogue revient sur l'échec du groupe américain General Motors.

D'après lui, le projet Saturn censé protéger le marché intérieur des Etats-unis des importations de véhicules allemands et japonais n'a pas saisi la subtilité des méthodes du management à la japonaise... En effet, en dépit des apparences, le management de Saturn était resté proche des méthodes américaines classiques, notamment par la recherche d'un équilibre entre la qualité et la productivité, ce qui n'est pas le cas chez les constructeurs japonais, pour lesquels la qualité prédomine toujours !

 

Une boîte mal gérée

« Dès le départ, on pouvait prévoir que le projet Saturn serait un échec », commence Jean-Marie Gogue. La première faute évoquée est le manque d'implication de la direction. Le PDG de General Motors, « Roger Smith voulait tenter une expérience en espérant pouvoir l'étendre à tout le groupe en cas de réussite. Il a pris comme consultant un leader syndical, Donald Ephlin, qui avait fait un voyage d'études au Japon et croyait naïvement avoir compris les secrets du management japonais ».

Si Ephlin avait bien observé les conséquences d'un système de management global au niveau de l'atelier, il ne savait pas en revanche de quelle façon la direction générale d'une entreprise nippone mettait tout le système en mouvement. « Roger Smith s'est bien gardé de demander conseil à son compatriote Edwards Deming, le maître à penser du management japonais ». Ce qui veut dire que Deming exigeait une totale implication du PDG et de l'équipe de direction dans la conduite des projets, seulement « Roger Smith n'entendait pas changer ses habitudes, comme tous les patrons qui pilotent une entreprise à distance avec des indicateurs financiers ».

La deuxième raison évoquée par Jean-Marie Gogue est le manque de vision à long terme de GM. Indépendante des fluctuations des cours de la bourse, elle aurait permis d'obtenir une amélioration régulière des processus de conception et de production, conduisant à l'amélioration de la qualité et à la réduction des coûts.

« GM n'est pas une boîte moribonde, elle est une boîte mal gérée, le constructeur souffre d'un manque de vision stratégique de son management et des pouvoirs publics américains » confirme Bernard Jullien, directeur du Gerpisa (Groupe d' études et de recherches permanent sur l'industrie et les salariés de l'automobile).

 

Deux philosophies de la qualité incompatibles

La troisième raison est le manque de cohérence des méthodes de management. En effet, la direction de la firme, bien qu'elle eût appelé le personnel à coopérer, n'avait pas abandonné les primes et les quotas de production qui encouragent la compétition interne, ni le management par les résultats. « Les Japonais ont mis vingt ans à développer une culture d'entreprise que nul ne peut comprendre en quelques heures. Les méthodes japonaises sont fondées sur l'étude des processus et de leurs variations, ce qui est incompatible avec la culture du résultat dont les entreprises occidentales sont imprégnées. Quant à faire participer les ouvriers aux décisions, on sait depuis longtemps que c'est une grossière tromperie. »

Pour enfoncer le clou, Jean-Marie Gogue évoque en conclusion Paul Ingrassia, ancien journaliste du Wall Street Journal en poste à Detroit qui rapporte comment des ingénieurs de chez Honda se sont moqués de la mauvaise qualité de conception d'une Saturn qu'ils avaient achetée pour la démonter...

Le constructeur automobile américain General Motors, qui a déjà reçu 15,4 milliards de dollars de fonds publics depuis décembre dernier, a publié une perte de 6 milliards de dollars pour le premier trimestre, un peu moins mauvaise que ne l'attendait le marché.

 

Didier Rougeyron

 

Voir l'article complet

 

Voir aussi General Motors, autopsie d'un désastre

 

La marque Saturn

Appartenant au groupe General Motors mais bénéficiant d'un management indépendant, Saturn est une marque créée en 1985. La production commence dans les années 1990 avec des automobiles bon marché.

GM avait ensuite largement délaissé Saturn pour développer son offre de 4x4 plus rémunératrice. Résultat : malgré des efforts récents pour rajeunir sa gamme, la marque Saturn accusait encore le mois dernier au sein du groupe GM, les ventes en plus forte chute (- 57,7 % sur un an) derrière Hummer, quant elle, en principe en voie de cession au chinois Sichuan Tengzhong Heavy Industrial Machinery.

« Aujourd'hui, nous assistons à une nouvelle économie de l'automobile, avance Mathieu Plane. Une économie où les mentalités vont durablement changer, vers la prise de conscience de l'impact environnemental. »

 Source : Turbo.fr ; LesEchos.fr

 


wk-hsqe - 16/06/2009© Tous droits réservés


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