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Actualités Santé - Sécurité

AZF, le procès des risques industriels et des responsabilités

Le 23 février a débuté à Toulouse le procès qui doit faire toute la lumière sur la plus grosse catastrophe industrielle d'après-guerre survenue en France.

AZF, le procès des risques industriels et des responsabilités Explosion usine AZF

L'explosion d'AZF, le 21 septembre 2001 à 10h17, a coûté la vie à plus de trente personnes, en a blessé et traumatisé des milliers d'autres, a causé des milliards d'euros de dommages matériels. En quatre mois de débats devant le tribunal correctionnel de Toulouse, le procès devra établir les responsabilités humaines et faire toute la lumière sur la notion de gestion des risques industriels.

Modes de productions, transports et périmètres de sécurité des matières chimiques dangereuses, responsabilité des sociétés mères..., toutes ces questions seront abordées lors du procès.

 

La thèse officielle du mélange chimique explosif

Selon l'accusation, l'explosion survenue le 21 septembre 2001 serait le fruit d'une série de dysfonctionnements et de négligences imputables à l'encadrement d'AZF.

L'explosion s'est produite au niveau du stock de nitrate d'ammonium déclassé (utilisé comme engrais agricole) du hangar 221 d'AZF. L'instruction a conclu qu'elle a été déclenchée par un mélange malencontreux de « quelques kilos » de DCCNa, un produit chloré également fabriqué par l'usine, avec 500 kg de nitrate d'ammonium pelletés dans une benne. Le tout aurait été déversé quinze minutes avant l'explosion sur un tas d'ammonitrate humide entreposé dans le sas du hangar. Les circuits de ces deux produits, dont la rencontre peut - dans des conditions précises qui ont été reconstituées en laboratoire - s'avérer explosive, n'auraient jamais dû se croiser.

Deux autres pistes sont à relever. D'abord, celle d'un acte de malveillance, voire d'un attentat terroriste, qu'on aurait dissimulé pour raisons d'Etat. Autre hypothèse : la survenue d'un incident électrique dans l'usine voisine d'AZF, la SNPE, qui aurait conduit à une surtension au niveau du hangar, créant les conditions de détonation.

Ce procès doit convaincre que toutes les pistes autres que l'accident chimique ont été suffisamment explorées pour être refermées.

L'affaire est complexe. La « sérénité des débats » et la « pédagogie » sont les deux priorités de la justice à l'ouverture du procès. D'autant qu'à Toulouse, deux camps s'opposent : les tenants de la thèse de « l'usine poubelle » et ceux - ex-salariés en tête - qui trouvent que Total est un bouc émissaire trop parfait. « C'est Total qui donnait les ordres, qui refusait les investissements, qui sous-traitait à tout-va et qui multipliait le recours à des intérimaires - si bien que la notion de sécurité avait fini par se perdre à AZF », estime Frédéric Arrou, président de l'Association des sinistrés du 21 septembre.

 

Bataille d'experts

Plus de deux milliards d'indemnisations ont été versés par le groupe Total et 99 % des dossiers ont été réglés à l'amiable. Lors du procès, certaines parties civiles vont demander de nouveaux dommages et intérêts en réparation des préjudices subis, notamment des personnes dont la situation s'est aggravée depuis l'indemnisation.

Etant donné la complexité des différentes pistes à évacuer ou à confirmer, ce procès-fleuve sera avant tout une bataille d'experts. Des sommités du monde de la chimie, des sismologues ou encore des électriciens sont appelés à la barre. L'enjeu, pour eux, sera d'expliquer clairement au tribunal des théories très compliquées. Même les parties civiles convaincues par l'instruction, comme l'Association des sinistrés du 21 septembre, n'écartent pas l'éventualité d'un non-lieu.

Alors, les leçons du passé ont-elles un avenir ? Pour Marc Sénant, chargé de mission « Risques industriels » à France Nature Environnement,  « Les outils de la loi Bachelot sont bien pensés dans l'idée. Sauf que, pour le moment, il y a un très grand retard dans leur mise en œuvre. La loi fixait un rendez-vous au 31 juillet 2008 : les 421 plans de prévention des risques technologiques (les fameux PPRT) devaient être tous approuvés. Aujourd'hui, le bilan en est à... cinq ».

 

Didier Rougeyron 

 

Certifiée ISO 14001 et 9002, classée Seveso

L'usine AZF de Toulouse était une usine chimique (AZote Fertilisants) certifiée ISO 14001 et 9002, et classée Seveso.

Son activité principale était la synthèse d'ammoniac, d'urée et de nitrates à partir de gaz naturel, produits destinés à l'agriculture (engrais azotés) et à l'industrie (explosifs de mines notamment).

 


wk-hsqe - 16/04/2009© Tous droits réservés


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