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General Motors, autopsie d’un désastre

General Motors et consorts n'ont jamais su implanter une véritable culture qualité ou de Lean manufacturing dans leurs usines. L'exemple d'un géant incapable de s'adapter à la réalité de son époque.

General Motors, autopsie d’un désastre General Motors © AstroBoi - Fotolia.com

Alors que le PDG de GM vient d'être poussé vers la sortie par le Président Obama, Christian Liboiron, directeur commercial à Messagerie de presse Benjamin (Montréal, Canada) et membre du Mouvement québécois de la qualité, déplore l'échec retentissant du géant automobile américain dans sa gestion du modèle qualité à la japonaise.

Ce n'est pourtant pas par manque d'anticipation. Dès 1984, en effet, Toyota et GM ont formé une joint venture pour la production commune de leurs voitures. Le NUMMI (New Unified Motor Manufacturing Inc) devenait ainsi la première coentreprise de fabrication automobile en sol américain.

 « J'avais en mémoire ce cas sur lequel j'avais travaillé pendant mes études à HEC Montréal lors de l'annonce des trois grands de l'automobile de leur plan de redressement afin d'obtenir quelque sept milliards de dollars chacun. Depuis le début de cette débâcle, je me pose cette question : comment GM a-t-il pu rater une telle occasion d'apprendre les principes du Lean manufacturing, ce qu'on nommait à l'époque la méthode japonaise ? » se demande Christian Liboiron.

 

Objectif : intégrer les principes de la qualité

« NUMMI a été installé dans une ancienne usine GM et les anciens employés ont été réengagés. Le principe à la base de NUMMI est l'acceptation de la part des employés syndiqués des principes de gestion à la japonaise. En contrepartie, on offrait une garantie d'emploi : NUMMI n'effectuerait aucun licenciement, quel que soit le contexte.

L'objectif de Toyota était de tester ses pratiques de gestion, le système de production Toyota, dans un contexte de travailleurs nord-américains avec une culture du travail différente des travailleurs japonais. Toyota souhaitait également minimiser les craintes des autorités américaines sur les importations asiatiques en produisant localement. Quant à GM, l'avantage d'une telle entente était d'apprendre les principes de gestion Lean et des principes de la qualité.

GM a réussi à tirer profit de cet apprentissage dans une certaine mesure. Plusieurs de ses usines ont augmenté en productivité et en qualité, mais de manière si partielle et timide qu'on ne peut comparer leur gestion à celle de Toyota ou même des autres constructeurs asiatiques comme Nissan et Honda. Pourtant, les résultats ont été très concluants chez NUMMI...

Les relations de travail avec le syndicat étaient et sont encore excellentes, basées sur un respect mutuel et une vision commune. L'usine NUMMI a été rapidement et est demeurée une des plus productives en Amérique du Nord.

Alors que s'est-il passé? NUMMI a été utilisé comme modèle d'excellence par GM... qui n'a jamais réellement réussi à implanter ce modèle de culture qualité dans son organisation. Pourtant, GM n'a pas d'excuse pour ses erreurs, la direction avait en main une véritable expérience Lean à sa portée. Le laxisme n'est pas tant dans les mauvais choix marketing.

Le plus grave à mon sens est de ne pas avoir adopté de meilleures pratiques d'affaires. GM et consorts n'ont jamais su implanter une véritable culture qualité ou de Lean manufacturing dans leurs usines ».

 

Conclusion

« Le groupe n'a cessé de perdre des parts de marché au point de laisser, en 2008, son rang de premier constructeur mondial au Japonais Toyota. Peu à peu il est devenu le symbole d'une direction incapable d'adapter GM à la réalité de son époque » ajoute Stéphane Lauer dans Le Monde.

Depuis 2005, le groupe a perdu 82 milliards de dollars (62 milliards d'euros). Sous la présidence de M. Wagoner, la valeur de GM en bourse aura fondu de 95 %.

 

Didier Rougeyron

 

 

Source : Blogue du Mouvement québecois de la qualité

 

 

À consulter également:

NUMMI-The Great Experiment, Robert B. Austenfeld, Jr.: Article de fonds qui résume bien cette expérience hors du commun dans la gestion qualité en Amérique du Nord. 

NUMMI employees may face layoffs :  Consultez ce document vidéo et l'article sur les défis auxquels fait face NUMMI aujourd'hui dans le contecxte de la crise.

NUMMI, site officiel


wk-hsqe - 07/04/2009© Tous droits réservés


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